Construire demain ensemble en lien avec Laudato Si.

Nom de le la personne à l'initiative de l'atelier : Pascale Mistral (Lieu d'Eglise Transhumances)
Description / éléments importants de l'échange (pas de réponses obligatoires) : : - Un rassemblement en août 2020 : Transhumances (Lieu d?Église en Rural) et l'équipe du C.M.R. 05 ont organisé un week-end de réflexion regroupant 30 personnes avec l'aide de la Mission de France.
- Intitulé : "Construire demain ensemble"
- Objectif : Suite au confinement, recueillir et partager ce que nous avons vécu, à la lumière des Écritures pour nous engager à construire le monde d'après.

Il ressort de ces échanges le fait que la remise en question "forcée" due au confinement, nous a permis de toucher du doigt des points essentiels de l'encyclique "Laudato Si".

Résumé des idées fortes recueillies pendant l'atelier sur notre vécu du confinement, ce qu'il nous a appris, ce qui nous a marqués.

1 - Contempler. En faisant taire la peur, nous avons profité du temps, de notre famille, du contact avec la nature, du jardin, d'activités délaissées, du sommeil délivrés d'un rythme stressant, pour contempler la vie qui naissait là au printemps.

2 - Une consommation différente. Le confinement en milieu urbain a été beaucoup plus difficile qu'en milieu rural. Il y a eu un renversement d'appréciation entre vivre en rural et vivre en ville : l'accès à un jardin a adouci le confinement, la consommation de proximité a aidé...
"Nous avons pris conscience de ce qui fait la vie des autres, leurs difficultés, mais aussi leur importance, leur prix : les producteurs ont découvert des clients à côté de chez eux et inversement par exemple." Nous le savions déjà, mais consommer local, auprès de petits commerçants a été vital !

3 - La tentation de tout maîtriser mise à mal. Nous avons entrevu la fin d'un monde qui court à sa perte par la démesure dans tous les domaines : agriculture, environnement, finances?un monde séduit par la domination (Cf. les tentations présentées au Christ au désert). Les chrétiens n'ont pas compris le sens du verset de la Genèse "Dominez la terre..." et mettent beaucoup de temps à le comprendre ! Il y a eu des inquiétudes, des souffrances : le gaspillage des produits de l'agriculture par manque de débouchés, l'exagération de certaines réglementations comme l'interdiction des marchés.

4 - L'utilisation intelligente des technologies a été au service des besoins élémentaires.

5 - Prise de conscience d'un monde différent à bâtir car tout a été remis en question : notre rapport à la vie, notre rapport à la mort.
Quelle société voulons-nous bâtir ? Relancer l'économie : oui mais laquelle ? Il y a une hiérarchie des besoins à faire

Il y a eu des changements importants pendant le confinement. Conserver ces nouvelles habitudes de consommation est compliqué (Facilité d'accès et prix des supermarchés, magasins géants d'internet ...). Nous allons vers une société à plusieurs vitesses avec des écarts qui se creusent, un isolement qui s'accroit ( personnes âgées).
Pourtant la crise nous a changés. Même si le monde économique a l'air de repartir comme avant même si nous avons de plus en plus conscience d'un monde différent à bâtir. Une fissure s'est faite entre le pouvoir politique et les citoyens plus avertis, plus exigeants, moins crédules. Tout est déplacé : notre vision de l'avenir, notre conscience d'un monde différent à bâtir.
La crise a révélé la place vitale des rencontres : l'homme est relié à l'autre, à la terre, a besoin des autres, pour ne pas mourir, pour nourrir son corps, sa vie affective et son esprit.
Il y a des volontés de changement. On entend rêver tout haut : Comment être créateur de relations ? Dans mon entourage le plus proche : famille, travail...
Il y a un réveil mais il faut qu'il perce nos c?urs et celui des politiciens. Pourquoi délocaliser, accepter le chômage, produire pour rien ?
Une bonne idée : la conférence citoyenne pour le climat qui a donné de l'espace et du temps pour débattre (150 personnes citoyennes tirées au sort ont donné leurs préconisations)

6 - La peur a masqué d'autres questions cruciales : la peur de la contamination a été bien plus forte que la peur des excès de notre monde qui pourtant mènent aussi à la mort, mais plus lointaine. (La destruction de la planète, le pouvoir financier, Internet qui nous suit à la trace.. )
Pourtant il y a eu du partage, des solidarités dans un monde où la solidarité ne semblait plus exister.

7 - A la question : "Comment avons-nous vécu ces semaines, dans notre expérience de foi chrétienne ? Quels ont été nos points d'appui pour la traverser ? Comment avons-nous vécu ce que l?Église a donné à voir d?elle-même ?" le groupe a répondu :
Il a fallu faire confiance, face à notre impuissance.
Il nous a fallu oser : changer, s'ouvrir, inventer des façons de célébrer ensemble car nous avons mesuré combien être et faire ensemble nous construit.
Nous avons pris conscience de nos besoins spirituels.
L?Église de France n'a pas su inventer pour répondre à ces besoins, n'a pas fait suffisamment entendre une parole forte d'espérance. L'évolution ne va pas venir d'en haut. Il faut continuer à se voir en petits groupes car le changement viendra de là.
Qu'est-ce que ce thème nous évoque d'un point de vue spirituel et/ou théologique ? : Quelques textes bibliques cités durant les échanges en appui à ces réflexions :

Sur la tentation de démesure du monde
"Les tentations au désert" (Marc, 1 / Luc, 4, 1-13).

Comment être au service de la création
"Dominez la terre... mais..." (Genèse 1, 28) . "Le lavement des pieds" (Jean 13, 12-17)

Sur le partage des récoltes avec ceux qui ont besoin.
  • (Dt 10,18-19 / 24, 17-22 / 26,12)

Évangéliser ou faire fonctionner une structure ?
Le sabbat (Luc 13, 10)

Renaître d'en haut pour un vrai partage du "pouvoir" dans l?Église :
"Naître avec" (Jean, 3, 1-21)
Est-ce qu'il y a déjà des initiatives sur le diocèse ? : Oui
Si oui, lesquelles ? : Sur le territoire du diocèse nombreux agriculteurs sont organisés pour la vente en circuit court et cela s'est accentué pendant le confinement, par des points de vente sur l'exploitation ou en commun entre plusieurs exploitants, ils font aussi de la livraison à domicile après commande.
Les exploitations produisant en agriculture biologique sont de plus en plus nombreuses nombreuses aussi bien en maraichage qu'en viticulture... (Pour le vin, l'AOP Les Baux de Provence a été créé en 1995 regroupe 11 domaines et 243 ha).
Qu'est-ce qui nous semble manquer ? : Nous sommes dans un territoire au réalité contrasté entre les zones industrielles (Fos sur Mer, sud de l'étang de Berre...), les villes (Aix, Marignane, Martigues...), le périurbain, les zones agricoles (Camargue, Nord Alpilles...). Il y a peu d'échange entre les diverses réalités de vie dans le diocèse.
Plus de contact permettraient de prendre conscience :
- de l'importance de la terre pour nourrir les personnes et non pour des investissements immobiliers.
- des conditions de travail des ouvriers saisonniers très présents particulièrement sur notre diocèse et dont on parle peu.
Eux aussi cultivent pour se nourrir et nous nourrir.
Y'a-t-il des propositions d'action pour mon diocèse? : Non
Si oui, lesquelles ? :
Questions ou besoins à remonter à la CEF : Il est important d'accompagner les croyants dans leur foi tout au long de leur vie, pour que chacun puisse se nourrir de la Parole sans tout attendre de nos clercs.